Sucres naturels : arnaques ou produits miracles ?

Le concept de « naturel » est THE argument marketing du moment, surtout pour les produits sucrants. Comme si, à partir du moment ou un produit est naturel, il est forcément bénéfique pour la santé. C’est super de vouloir prendre soin de sa santé en évitant les produits trop transformés, mais il y a 2 écueils : premièrement, naturel ne veut absolument PAS dire bon pour la santé (la digitale est naturelle, le venin de serpent aussi…) ; deuxièmement, sait-on réellement ce qui est naturel ou non ?

En gros il y a trois catégories :

  1. les produits 100% naturels
  2. les molécules naturelles extraites par procédés chimiques
  3. les molécules de synthèse

Pour éclairer votre lanterne, voici un petit récapitulatifs des édulcorants « naturels » à la mode. Je vous indiquerai dans quelle catégorie chaque produit se trouve, et si il s’agit d’un produit intéressant ou d’une arnaque d’après les critères santé, prix et écologie.

Le miel

Catégorie 1. Le miel se décline en différents parfums et fait rêver. En plus il est plein de minéraux et vitamines ! Il s’agit d’un mélange de glucose et de fructose dont les proportions dépendent de la variété de miel, un indicatif de leur composition étant la texture (plus le miel est liquide plus il est riche en fructose). Son pouvoir sucrant est supérieur au saccharose et il entraîne moins de caries que ce dernier. Considérant toutes ses caractéristiques, il s’agit pour moi d’un substitut intéressant pour sucrer les boissons (thé, café, lait, mais aussi milk-shake ou frappés en été) et desserts (yahourts par exemple). Il peut aussi remplacer les confitures sur les tartines. Selon la provenance du miel, certains et notamment ceux de « provenance UE » peuvent être de mauvaise qualité voir coupés… privilégier les produits français, bio et avec une traçabilité garantie, par un label par exemple. Attention, à haute température le miel perd ses propriétés nutritives. Pour information, la température d’une ruche se situe autour de 35°C.

Le miel c’est oui, en version locale et bio.

Le sirop d'érable

Catégorie 1. Bien connu des gourmands et très apprécié pour son parfum typique, le sirop d’érable est obtenu en faisant bouillir la sève d’érable. Comme le miel il est riche en micronutriments et a un pouvoir sucrant plus élevé que le sucre. Vu son prix élevé il est utilisé principalement comme édulcorant de table pour sucrer et parfumer gaufres, pancakes ou crêpes. Comme tout sucre, il ne faut pas en abuser, mais il est plus intéressant que le sucre blanc en raison de ses apports nutritifs.

Le sirop d’érable c’est oui, en version bio. L’idéal serait tout de même de ne pas en consommer car il vient de loin.

Le sirop d'agave

Catégorie 2. Extrait de la sève d’agave, une plante mexicaine, il est très compliqué de trouver le procédé de production du sirop d’agave. A priori il serait concentré et raffiné raison pour laquelle je le mets en catégorie 2. Plusieurs sources déclarent que les produits vendus comme sirops d’agave sont parfois coupés avec des sucres moins chers (maïs ou canne à sucre). Il semblerait également que le procédé d’obtention du sirop d’agave en élimine tous les effets bénéfiques (les micro-nutriments), mais encore une fois je n’ai pas trouvé de source complète et fiable. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une des stars du moment car il évite les pics d’insuline grâce à son index glycémique bas et apporte moins de calories grâce à son pouvoir sucrant plus élevé que celui du saccharose.
Le revers de la médaille : une teneur en fructose allant jusque 90%, plus de 10€ le kilo… J’en ai acheté pour essayer, rien à dire le goût sucré est là et la texture est sympa à cuisiner mais je considère que c’est beaucoup trop cher (presque 10 fois plus que le sucre blanc). Par ailleurs la teneur en fructose élevée (à l’origine de l’index glycémique bas) peut entraîner les problèmes relatifs à la consommation de fructose (stockage accru sous forme de graisses, augmentation des triglycérides sanguins, absence du sentiment de satiété). Pour moi c’est non.

Un gros NON pour le sirop d’agave : hors de prix, pas meilleur pour le métabolisme (voir pire !), pas si naturel que ça et venant du Mexique. 0/10.

Le sucre de coco

Catégorie 2. Ce sucre est issu de la sève extraite des fleurs de cocotier. Il est réputé avoir un index glycémique bas et être meilleur pour l’environnement car les cocotiers ne sont pas abattus pour le produire. Mais le consommer ici en France n’est absolument pas écologique car il aura fait des kilomètres en avion pour arriver dans votre cuisine. On oublie la localité. Par ailleurs, en ce qui concerne l’index glycémique les chiffres varient du simple au double (25 à 54) mais au vu de sa composition en saccharose (70 à 80 %) dont l’IG est de 65, je pencherais pour un IG plutôt proche de 54 pour le sucre de coco. Sinon au niveau du prix on est encore au dessus de 10€ le kilo. Vous l’aurez compris, pour moi c’est encore un faux bon produit, donc un deuxième non. Le seul côté positif : il contient des micro-nutriments et antioxydants. Mais bon les légumes aussi.

Je ne vois aucun intérêt à consommer ce produit. Cher, venant de loin et n’apportant pas d’intérêt majeur par rapport au sucre blanc classique.

La stévia

(ou plutôt les extraits de stévia appelés glycosides de stéviol) Catégorie 2. Il s’agit d’une plante sud-américaine très tendance en ce moment. Depuis 2010 ses extraits sont considérés comme sans danger pour la santé par l’agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) en tant qu’additifs alimentaires. Malgré quelques controverses en ce qui concerne leur innocuité il est communément admis qu’ils sont inoffensifs à dose limitée. Les glycosides de stéviol sont certes des molécules naturelles mais ils sont obtenus par un procédé d’extraction qui peut être complexe. Ils sont intéressants car leur pouvoir sucrant est environ 300 fois plus élevé que celui du sucre blanc et ils n’apportent aucunes calories. Ils sont par ailleurs peu cher car on en utilise une toute petite quantité.

Attention, de nombreux industriels peu scrupuleux mélangent les glycosides de stéviol avec des agents de charge ou du sucre, comme présenté sur la 1ère étiquette. Cette étiquette correspond a un produit qui prétend être « naturel » et à base de stévia. Donc ne pas oublier de bien regarder l’étiquette de ce que vous achetez : la 2ème étiquette montre qu’il est possible d’avoir un produit composé uniquement d’extraits de stévia donc ne vous laissez pas faire.

Pour moi le seul inconvénient de la stévia est l’arrière goût au parfum de réglisse qui peut en déranger plus d’un. Mais si on s’y fait, la stévia est super pour sucrer vos boissons ou yahourts sans ingérer aucune calorie. Et surtout elle est stable jusque environ 200°C donc on peut l’utiliser pour nos gâteaux mais attention au dosage car 1g de stévia équivaut à plus de 200g de sucre ! Les extraits de stévia ne permettent malheureusement pas de faire des confitures ou du caramel.

Si elle était cultivée en France et non en Chine (ce qui est techniquement possible), je dirais que la stévia est un bon produit pour les personnes souhaitant limiter leur apport calorique ou ne pouvant manger de sucre pour x raison. Bien sûr, on l’achète bio.

Le sucre

Et oui ! Au milieu de toute la communication commerciale autour des produits naturels on oublie que le produit sucrant de base, le saccharose, est un produit naturel extrait de plantes (betteraves ou cannes à sucre). Il reste cependant dans la catégorie 2 puisqu’il subit un procédé physico-chimique avant d’être consommé.

Parfois les solutions les plus simples sont les meilleures. Peu cher, pouvant être produit localement via les betteraves sucrières que l’on cultive en France. Je dis donc oui, toujours en version bio et le moins raffiné possible.

Conclusion

Le sucre a mauvaise presse : en effet, on en mange trop et trop souvent. C’est une substance hautement addictive, donc on court après tout plein de produits miracles qui nous permettraient de continuer à consommer à moindre coût pour notre santé. Mais si on fait le tour des produits vendus comme naturels et « moins mauvais » que le sucre, on voit vite qu’aucun d’entre eux n’est un produit miracle.

Et si la solution était plutôt dans notre consommation ? Comment se désintoxiquer du sucre ?

Oublier la nourriture industrielle bourrée de sucreS (et oui, même vos gâteaux préférés !) est la base, pour commencer. Ensuite, on peut essayer d’installer de nouvelles habitudes : utiliser le sucre des fruits, se réhabituer à des saveurs moins sucrées et utiliser avec parcimonie du sucre ou du miel lorsque le besoin s’en fait sentir (boissons, pancakes, cuisine sucrée). Personnellement, j’utilise de la cassonade dans mes recettes quand je ne peux pas sucrer avec un fruit ou un légume (oui oui ! la patate douce !) et du miel ou du sirop d’érable comme produit sucrant de table. N’oubliez jamais que modération et variété sont les clés d’une alimentation équilibrée.

 

J’espère que cet article vous a éclairé et je vous invite à me faire part de vos questions ou réactions via les commentaires 🙂

A bientôt !

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